En invitant de Gaulle à visiter l’Expo Universelle de Montréal de 1967, le Premier Ministre québécois d’alors, Daniel Johnston, n’entendait pas offrir au Général une tribune pour faire la promotion de l’Indépendance du Québec. Il avait déclaré qu’il souhaitait que le président français « fasse sentir aux Québécois le sens de la culture française ». La suite lui prouva que point n’était besoin de pousser de Gaulle en avant, il savait le faire lui-même… Avant le « Vive le Québec libre »qui allait certainement nettement au delà de ce que souhaitait le Premier ministre québécois, le Général avait parcouru la fameuse « Route du Roi » longeant les bords du Saint Laurent entre Québec et Montréal sous les vivats de la foule.

Daniel Johnson et le Général de Gaulle sr la Route du Roy

Parmi ses accompagnateurs,  Jean-Paul L’Allier, un jeune juriste, pas encore trentenaire, directeur de la coopération au Ministère des affaires culturelles du Québec, chargé de coordonner les visites des chefs d’Etat lors de l’Expo universelle. C’est dans cette atmosphère de liesse et de bouillonnement intellectuel que naît entre le jeune Québécois qui fera son chemin en politique et le Général, l’idée de créer une structure permettant de rebâtir les ponts entre le Québec et la France à travers sa jeunesse.

Un quinquagénaire en pleine forme

C’est ainsi que le 9 février 1968, naissait l’Office Franco-Québécois de la jeunesse, organisme de coopération bilatérale entre le Québec et la France dont l’objectif est de favoriser le rapprochement des jeunesses française et québécoise par la mise en oeuvre de programmes de mobilité axés sur le développement et le perfectionnement professionnels dans les secteurs économique, culturel et social.  Il est régi par un conseil d’administration franco-québécois et s’appuie  sur des équipes pluridisciplinaires. Il revenait de droit à Jean-Paul L’Allier d’en être le premier Secrétaire général pour le Québec. il y oeuvra deux ans avant de devenir ministre de la fonction publique, ministre des affaires culturelles, puis Délégué général du Québec en Belgique , enfin maire de la ville de Québec durant trois mandats entre 1989 et 2005. Le premier Secrétaire général côté français se nommait Jean-Claude Quyollet, énarque diplômé de  l’IEP de Bordeaux, conseiller technique auprès d’ un proche du Général, le ministre de la jeunesse et des sports François Missoffe. Il fit ensuite carrière dans l’administration comme Préfet dans diverses régions de France. Leurs homologues actuels et organisateurs du 50ème anniversaire  sont  Marianne Beseme, précédemment  directrice au Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports pour la France et Michel Robitaille, ardent francophone et francophile qui nous vient en droite ligne de la Délégation Générale du Québec à Paris.  Autour d’eux,  des personnalités québécoises et françaises qui ont en commun d’avoir bénéficié des programmes de l’OFQJ . Parmi eux, Annick Girardin, actuellement ministre des Outre-mer  et Valerie Lion,  rédactrice en chef adjointe à L’Express, aux côtés- entre autres- du conteur Fred Pellerin et de Jeannot Painchaud, codirecteur du cirque Éloize.

Programmes s’adressant aux 18/35 ans

En 50 ans d’existence, l’OFQJ a permis à 150.000 jeunes de bénéficier de programmes de mobilité : pour les apprentis et les étudiants, accès à des stages de formation professionnelle; pour les jeunes en recherche d’emploi, possibilité de partir travailler au Québec durant deux ans maximum ou d’y effectuer des stages de perfectionnement de 3 à 6 mois; pour tous, possibilité d’effectuer un service civique de 6 à 12 mois. Les candidats peuvent en outre bénéficier en fonction des programmes d’une assurance et d’un billet d’avion à prix réduit, voire d’une bourse.

Une année pour souffler 50 bougies

Les festivités ont été lancées ce mois ci avec des rencontres de jeunes professionnels du spectacle à Nantes et se clôtureront à Paris en décembre avec  la présentation de jeunes artistes québécois et français ayant vécu une mobilié avec l’OFQJ. Ecriture, cinéma, théâtre, entreprenariat, participation au Forum Mondial de l’eau, échange entre les jeunes francophones du numérique, « Parcours francophone en agriculture urbaine« ,participation au festival du Film francophone d’Angoulême, l’OFQJ sera cette année sur les scènes culturelles de France et du Québec.Cet anniversaire sera aussi l’occasion à une dizaine de jeunes journalistes-pigistes québécois d’être accueillis par le Club de la Presse de Bordeaux  lors des « 48h de la pige » *qui se dérouleront en juin prochain, leurs homologues bordelais effectuant une mission retour au Québec à l’automne. Une façon d’évoquer pour quelques « anciens » un échange réalisé en 1979 sous l’égide de l’OFQJ qui amena une vingtaine de journalistes québécois à Bordeaux et permis à leurs homologues français de découvrir les réalités de la profession au Québec.

*  « Les 48 h de la Pige » sont organisées par Profession Pigiste, association nationale des journalistes pigistes.

Claude Ader-Martin

 

 

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