Après Archigny et les Acadiens en 2016, la sortie culturelle organisée en 2017,  par l’ association AQAF (Aquitaine Québec Amérique du Nord Francophone)  nous emmène début juin à la découverte du Béarn et de ces Béarnais partis aux Amériques aux XVIIIe et XIXe siècles. Un guide gascon béarnais de renom nous accompagne pour l’occasion : Jacques de Cauna, spécialiste et historien des relations transaltantiques avec les Caraïbes.

Trois jours de découverte de cette belle région, piémont des Pyrénées, entre Salies de Béarn et Pau.

Carnet de voyage

Samedi 2 juin : Jurançon

A la sortie de Pau, nous découvrons les coteaux et le cœur historique du Jurançon où la vigne existait déjà à l’époque de Henri d’Albret, roi de Navarre.

Château de Rousse

Notre première étape sera le Château de Rousse qui domine fièrement les vignes de la Chapelle de Rousse, soigneusement ordonnancées en terrasses circulaires offrant un amphithéâtre au graphisme remarquable avec par beau temps, un magnifique point de mire dans l’allée fleurie : le Pic du Midi d’Ossau et son vaste panorama de la chaîne des Pyrénées. Pas étonnant, que Henri IV, homme de goût, fasse étape ici pour ses parties de chasse. Ce château est dans la famille Labat depuis 5 générations grâce à la fortune d’un oncle d’Amérique parti en Californie fin XIXe. Aujourd’hui, ses descendants ont pu hisser ce cru classique de la Chapelle parmi les meilleurs, dignes de tables royales. Olivier Labat et sa maman, nous font découvrir le terroir et les cépages du Jurançon.

Voici les commentaires de la dégustation par Catherine Vlimant, notre œnologue de référence :
Jurançon sec
L’assemblage de Gros Manseng et de Courbu donne à ce vin un caractère fringant et nerveux, aux arômes de fruits frais et d’agrumes, particulièrement marqués en bouche par le pamplemousse, se prolongeant sur une finale légèrement minérale …. bel équilibre sur la fraîcheur
Jurançon moelleux  » Quatuor »
Quatre cépages, Gros Manseng, Petit Manseng, Gros et Petit Courbu pour ce « Quatuor » expressif, aux arômes d’ananas, de miel et d’abricot amenant en bouche un équilibre parfaitement maîtrisé entre la rondeur fruité et la fraîcheur acidulé ; tout le caractère de ces cépages typiquement pyrénéens s’exprime dans une belle finale, longue et harmonieuse, ce « Quatuor » enchanteur aurait tout aussi bien pu s’appeler  » Virtuose »
Jurançon moelleux  » Séduction »
Que le nom de cette cuvée s’accorde bien avec l’expression aromatique et gustative de cette belle bouteille, 100% Petit Manseng passerillé à souhait.
Une explosion de fruits exotiques, d’ananas et de mangue, mêlée de notes plus confites de cédrat et de zeste de citron, amène un milieu de bouche complexe et chaleureux tout en restant sur une agréable fraîcheur agrumes : la séduction n’est pas feinte, tant le plaisir de la dégustation se prolonge avec une finale savoureuse, …. d’un beau potentiel encore à venir

 

Dimanche 3 juin : Salies-de-Béarn et accueil à la Maison du Sel par Béatrice Harielle (médiatrice culturelle) et Danièle Lalanne-Couchot (psdte Association Généalogie des Pyrénées-Atlantiques)

Située dans une belle maison béarnaise du XVIIe : la Maison Darremoundine, la Maison du Sel  présente sur trois étages , 4000 ans d’histoire, à travers les collections du Musée du Sel & des Traditions Béarnaises. Sous forme de panneaux fort bien documentés, nous découvrons : Comment expliquer la présence du sel à Salies-de-Béarn ? Depuis quand exploite-t-on les sources salées ? En 1587, le règlement du Livre Noir précise que seuls les Part-Prenants auront de l’eau salée de la source du Bayaà. Mais qui sont-ils ? Au XIXe siècle, les aristocrates parisiens descendaient « prendre les eaux » aux Thermes de Salies. Mais qu’a-t-elle de précieux, cette eau salée ? Un documentaire vidéo et la visite de l’atelier de fabrication de sel du XVIIIe siècle complétent cette présentation historique.

Pour infos : la Fontaine salée ainsi que les thermes, appartiennent à la corporation des « part prenants », représentants de toutes les familles installées à Salies depuis 1587. Ainsi les descendants des Salisiens installés aux quatre coins du monde peuvent intégrer la corporation à condition d’être fils ou fille de part-prenant et habiter Salies depuis au moins six mois … selon la loi salisienne à Salies (ou loi salique partout ailleurs).

Salies de Béarn est également le berceau de la famille de Jean-Baptiste du Casse, dernier boucanier des Caraïbes.

A Sauveterre de Béarn, petite cité médiévale construite sur un escarpement rocheux, Jacques de Cauna nous invite à une découverte de la ville et de son histoire béarnaise depuis la terrasse de l’Eglise Saint-André construite au XIIe siècle tout comme le château, le pont, les murailles et les tours comme la Tour Monreal qui rappellent le rôle stratégique de cette ville aux confins du Béarn, de la Navarre et de l’Aquitaine, près du gave d’Oloron.

Découverte historique avec Jacques.

Nos retiendrons quelques temps forts de son histoire comme la prospérité de la ville sous le règne de Gaston Fébus, au XIVe siècle : il obtient l’indépendance du Béarn, et assure son développement économique et culturel, la ville est idéalement placée au carrefour des voies est-ouest entre Toulouse et Bayonne ainsi que l’axe nord sud relié à l’Espagne.

Lorsque les vicomtes de Béarn deviennent rois de Navarre au XVe, elle devint la victime indirecte des Navarrais qui se tournent alors vers les rois d’Espagne. En 1520, Henri II d’Albret décide de reconquérir la Navarre. La ville perdra son statut de ville frontière avec Henri IV, roi du rassemblement des différentes provinces et comtés. Pendant les guerres de religion, elle devient comme tout le Béarn protestante et connaîtra un exode important vers les Amériques.

Pays de gastronomie, la pause déjeuner se fera à Laas, petite principauté à la sauce béarnaise. Un village de 135 habitants qui ne manque pas d’humour car il s’est autoproclamné principauté de Laas en 2015 et centre du monde pour développer le tourisme local (1).   A l’entrée du bourg, une guérite de douaniers, un panneau de remerciements en sortie, traduit en 13 langues, béarnais compris. Nous apprécierons la gastronomie locale à l’Auberge de la Fontaine sur la place du village et l’accueil chaleureux de Jean-Luc en cuisine et sa femme Suzie, une belle adresse pour une cuisine de qualité à prix raisonnable.

L’après-midi, nous sommes attendus par Florine Husband pour une visite théâtralisée du Château de Laas. Cette gentilhommière du XVIIe fut la demeure du Comte Latrille de Lorencez (un de ses fils dirigea l’expédition du Mexique). Le dernier propriétaire Louis Serbat , riche industriel du nord et collectionneur, la légua au département des Pyrénées pour accueillir le grand public.

Tapisserie d’Aubusson : L’Amérique 1766

Il possède l’une des plus belles collections d’arts décoratifs d’Aquitaine, il abrite des tapisseries d’Aubusson (voir celle qui concerne l’Amérique), des tableaux de Vigée-Lebrun, Breughel, Rubens… mais aussi des porcelaines, faîences et mobilier remarquables que nous découvrons en compagnie de Florine.

Dégustation des produits locaux dans l’orangerie.

La visite se terminera par la dégustation de produits locaux dans l’Orangerie du Château et une balade dans le grand parc aux arbres centenaires, en flânant le long de sentiers romantiques, des jardins italiens, bambouseraie, théâtre de verdure et verger..

A proximité, le Château de Gassion d’Audaux, demeure de Jean-Jacques Blaise d’Abbadie, dernier gouverneur de Louisiane en 1765 suite au Traité de Paris.

 

Lundi 5 juin : Château de Pau et l’exposition « Trésors de cour ».

Célèbre pour être le lieu de naissance d’Henri IV, roi de France et de Navarre, le château de Pau est aussi une forteresse des vicomtes de Béarn, château fort sous Gaston Fébus, et résidence royale à la Renaissance. Les appartements royaux, aménagés et meublés au milieu du XIXe, présentent une collection de tapisseries royales du XVIe au XIXe, ainsi que des collections évoquant l’histoire et la légende du plus populaire des rois de France à l’origine de la création de la ville de Québec en 1608.

Nous ne pouvions quitter Pau ville royale sans déjeuner sur le boulevard des Pyrénées qui relie le Parc Beaumont au Château ; neuf siècles d’histoire d’un côté et la plus belle vue sur les Pyrénées de l’autre.

Anne Marbot

 

A voir au Musée des Beaux-Arts de Pau : Un bureau de coton à la Nouvelle-Orléans d’Edgar DEGAS.

Au Nord-Est de Pau, route de Buros, Château de Bernadets, demeure de Pierre-Clément de Laussat (1802-1804) dernier préfet colonial de la Louisiane française.

 

(1)Par exemple, la Nouvelle-Orléans se trouve à 7 767 km  et Québec à 5 395 km de Laas à vol d’oiseau sans doute.

 

Un air de Louisiane à Pau .

 

 

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