C’est sur le thème de la liberté d’expression que la dernière édition francophone canadienne de l’hebdomadaire chinois Epoch Times a fait son titre de Une le 31 mars dernier. En question, l’interdiction faite par BICC Canada, une filiale de la société d’Etat chinoise Banque Industrielle et Commerciale de Chine à deux journalistes  représentant des médias de langue chinoise en Amérique du nord d’assister à une conférence de presse se tenant à Toronto. Les deux journalistes travaillent pour des médias de presse écrite (Epoch Times) et télévisuelle (NTD Television) qui ont la particularité d’être complètement indépendants du régime chinois. L’affaire ne va pas manquer de provoquer quelque remue-ménage dans le monde diplomatique, on s’en doute.

Eglise de la Mission catholique chinoise de Montréal

Eglise de la Mission catholique chinoise de Montréal

Fondé à New-York au début des années 2000, Epoch Times a lancé son premier hebdo deux ans plus tard en diffusant pour la diaspora chinoise et les Occidentaux,  des informations sur le régime chinois hors censure, ce qui fait son originalité. Depuis 2004 il est distribué en français dans la région parisienne. En 2005, il a fait son apparition à Montréal  en double version anglaise et française. Le siège de l’hebdomadaire qui emploie des équipes bilingues  se trouve au cœur du quartier chinois si apprécié des touristes. Tiré à 10.000 exemplaires, son information est axée sur l’actualité internationale et la vie économique et culturelle locale. L’ importante communauté sino-canadienne  de Montréal entretient des liens d’affaires importants avec la Chine et le journal contient une offre importante en matière de ventes immobilières. En effet, les riches Chinois qui envoient leur progéniture étudier au Québec sont à la recherche de logements confortables sinon luxueux. Epoch Times propose aussi de l’immobilier à prix variés à tous les nouveaux arrivants candidats à l’immigration désireux de s’installer non loin de leur communauté. Il suffit de s’arrêter chez n’importe quel Dépanneur à Montréal ou à Québec pour s’apercevoir que leurs gérants sont majoritairement d’origine chinoise. Ces petits commerces ouverts de l’aube à tard dans la nuit se vendent souvent  à distance via le web ou les journaux d’annonce tels qu’EpochTimes.

 La pagode du parc Sun Yat Sen

La pagode du parc Sun Yat Sen

Attestant de son indépendance vis à vis du régime communiste chinois, le siège d’Epoch Times Montréal se trouve dans un immeuble  propriété du Kuo-Min-Tang, à deux pas de la petite place Sun Yat Sen où les adeptes de yoga méditent face aux amateurs de bonbons à la barbe de dragon, au milieu des boutiques  de bibelots, des épiceries exotiques et des magasins d’herbes médicinales. Le quartier  fut dans la première moitié du 20ème siècle le centre d’innombrables laveries, un ghetto pauvre d’hommes seuls séparés de leurs familles par des lois restrictives censées éviter un pseudo « péril jaune ». Aujourd’hui, sous des dehors folkloriques destinés à favoriser la fréquentation touristique, il se trouve  partout aux étages ou dans les sous-sols,  des bureaux d’import-export, cabinets juridiques, agences de voyages et représentations canadiennes d’entreprises basées en Chine. Ici, les affaires se brassent en franglais comme en chinois…  et toujours avec le sourire.

 

Claude Ader-Martin

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