Une  historienne britanno-colombienne éclaire d’un nouveau jour l’apport des francophones sur la côte pacifique du Canada.

C’est paradoxalement à une universitaire anglophone,  Jean Barman, professeur émérite de l’Université de Colombie Britannique à Vancouver que revient le mérite de présenter l’histoire de l’utilisation de la langue française dans le nord-Ouest du Canada sous un éclairage nouveau. L’histoire officielle passe généralement sous silence le fait qu’avant la première ruée vers l’or de la fin des années 1850, la majeure partie des Européens qui vivaient dans ce qui deviendrait plus tard la Colombie Britannique étaient des francophones, soit des Canadiens-français venus du Bas Canada ( le Québec d’aujourd’hui), soit des Métis de langue française. Dans la première moitié du 19ème siècle, il était donc quasi -impossible de pouvoir travailler dans les postes de traite des fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson, si on ne parlait pas français.

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Mais comme la plupart des francophones qui se trouvaient dans cette partie du Canada étaient analphabètes, ils n’ont laissé aucun écrit concernant leurs vies. C’est en utilisant les statistiques compilées par  l’ historien  Bruce McIntyre Watson dans un ouvrage portant sur les aventuriers engagés dans le commerce de la fourrure à l’ouest des Rocheuses depuis 1793  jusqu’à la première ruée vers l’or, que Jean Barman a pu mettre en évidence la présence majoritaire de ces francophones que l’histoire avait oublié jusqu’à nos jours. Dans French Canadians, Furs, and Indigenous Women, Jean Barman souligne aussi le rôle primordial joué par les femmes autochtones qui ont contribué à enraciner durablement les nouveaux arrivés francophones durant la première moitié du 19ème siècle.

livre Jean Barman

L’arrivée massive de plus de 40.000 chercheurs d’or a changé la donne linguistique du territoire à tout jamais.

C’est  la Société historique  francophone de Colombie Britannique à Vancouver qui a accueilli le 2 décembre, la présentation de cet ouvrage qui contribue à apporter de nouveaux éléments concernant  l’histoire de la Colombie Britannique et le rôle que les premiers arrivés francophones y ont joué.

 

Claude Ader-Martin

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1 commentaire

  1. bernard-paul GRAFF dit :

    Merci, CLAUDE de ns. faire découvrir un pan inconnu de notre belle langue française au Canada, dommage que la ruée vers l’or soit arrivée avec son anglais… L’or a toujours été sources de problèmes de par le monde…autres que linguistique, hélas!

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