« La bourse m’a permis d’étudier à une université de mon choix. Sans cela, je n’aurais jamais eu les moyens et le courage d’étudier en Europe », confie Monique Surette biologiste qui gère depuis son laboratoire de La Haye des essais cliniques ciblant le sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique subsaharienne.

Canadienne francophone originaire de la petite ville de Dieppe * au Nouveau-Brunswick- province officiellement bilingue-elle a  été confrontée à la suprématie de l’anglais jusque devant sa porte. La petite ville dont l’activité économique principale est basée sur l’exploitation forestière et l’agroalimentaire ne permet pas un grand accès aux  longues études supérieures à ses habitants quand on connait le coût des études en Amérique du nord. Monique SuretteSituation pas vraiment encourageante pour une jeune fille qui rêvait d’être biologiste. En 2005 pourtant, Monique Surette se retrouve  à l’université de Cambridge(GB) grâce à une bourse octroyée par la Fondation Baxter & Alma Ricard  qui couvre entièrement  des  études de biologie moléculaire qui la mèneront jusqu’au doctorat. Des recherches sur les plantes, elle est passé au sein du centre européen de recherche EDCTP à des essais liés au domaine médical. Une expérience qui lui permis d’ouvrir la voie à ses ambitions  et qui la laisse, dit-elle, moralement endettée envers la Fondation.

La réussite financière du couple formé par le franco-ontarien Baxter  Ricard et son épouse   repose sur la création  d’un  petit empire  basé sur la création  en 1947  à Sudbury de la première station de radio bilingue hors du Québec. Par la création de la fondation qui porte son nom, le couple a souhaité aider les jeunes francophones  vivant en situation linguistique minoritaire. C’est ainsi que depuis 1999, des bourses sont attribuées à des jeunes qui mènent leur premier cycle universitaire avec brio tout en s’impliquant au sein de leur communauté.

Cela a aussi été le cas du manitobain Daniel Piché, un des premiers étudiants titulaires de la bourse au début des années 2000 qui  siège actuellement au conseil d’administration de la fondation. Grâce à ce coup de pouce, il a obtenu un doctorat de premier degré en mathématiques et développe maintenant des logiciels informatiques au sein de la société qu’il a créée à Saint Boniface. Il préside également l’association des boursiers Ricard afin de créer du lien entre les têtes pensantes francophones, favoriser l’entreprenariat, créer des réseaux de collaboration et trouver des solutions sociales bénéfiques à tous.  A chacun selon ses besoins, souligne Alain Landry, directeur de la fondation et grand défenseur de la francophonie qui précise que le montant versé à chaque étudiant varie selon le type et le lieu des études. L’aide financière qui peut aller jusqu’à 150.000$ couvre dans certains cas  jusqu’à trois ans d’études. Ce qui explique que chacune des demandes fasse l’objet d’une étude du dossier  tout particulièrement rigoureuse.

 

 

* La ville administrativement créée en 1952 a choisi son nom en hommage aux  combattants canadiens qui ont perdu la vie lors du débarquement allié face à Dieppe à la fin de la seconde guerre mondiale.

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