A l’ Ecole  francophone des Grands Vents, la rentrée s’est bien passée, merci !  A l’heure où les écoliers de France faisaient déjà leur première pause hebdomadaire,  c’était  le 4 septembre, l’heure des retrouvailles pour les 180 inscrits de l’école francophone de Saint-Jean de Terre-Neuve et leurs 17 professeurs. Pour Dominique Martin, la directrice, ce n’est pas une mince affaire que de gérer un établissement qui accueille des élèves depuis la maternelle jusqu’à la fin du secondaire. Certes, ils ne sont pas très nombreux et l’école-collège-lycée a des airs d’une maison de (grande) famille, ce qui permet d’y délivrer un enseignement plutôt cousu main, histoire de s’adapter à toutes les situations et à tous les niveaux. Les  élèves  sont  majoritairement issus de  familles franco-terreneuviennes souvent d’ascendance acadienne mais aussi de familles originaire du Québec ou des zones francophones canadiennes. Une minorité sont des jeunes anglophones  que leurs familles ont choisi de faire éduquer  dans une langue sensée leur apporter un avantage culturel. La chose n’est en principe possible que si  la famille paut apporter la preuve de l’existence d’un ascendant francophone.  A la récré, tout le monde parle anglais qui est la langue d’usage depuis tout juste trois siècles.Ce qui fait  de ces jeunes terre-neuviens des individus bilingues à part entière.  Vu d’ici, on croit rêver ! La création de cet établissement d’enseignement est récente. Il est issu des luttes que mènent ici les francophones pour obtenir de ne pas perdre complètement leur identité et leur culture  et se trouve géographiquement voisin des organismes économique, associatif et culturel francophones.  Saint- Jean de Terre-Neuve  est le point le plus à l’Est du Canada et donc le plus proche de la France. Capitale de la province de Terre- Neuve et Labrador, la ville compte 200.000 habitants et possède une université. Longtemps axée sur la pêche- les côtes terre-neuviennes gardent le souvenir des pêcheurs français qui ont fréquenté ses eaux jusque dans les années 70- la province connait un développement important depuis une dizaine d’années grâce à l’exploitation du pétrole et des mines de fer, ce qui en fait un lieu où le travail est bien rémunéré et où  tous les postes  offerts sont loin d’être pourvus. Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDEE)*, organisme francophone,  oeuvre entre autres à la promotion des emplois bilingues disponibles  dans la province auprès des candidats francophones canadiens (et étrangers) des autres provinces pour autant qu’ils soient capables de s’exprimer en anglais.  La Fédération des francophones, en partenariat avec le RDEE  offre des services d’immigration et facilite la venue de francophones français et belges.En ce moment les professions liées à la mécanique et aux transports  ont le vent en poupe et la province est en recherche de spécialistes de l’hôtellerie-restauration et d’aide à la personne ainsi que des professionnels de santé. Alors qu’ils représentent moins de 1% des habitants de Terre-Neuve , les Francophones  bénéficient également de l’appui du Réseau santé en Français développé par la Fédération des francophones afin de faciliter la communication dans les centres de soins. Un plus qui devrait inciter à regarder Terre-Neuve autrement que comme un désert glacé ne serait-ce que parce que sa capitale est à la même latitude que la Bretagne française !

Claude Ader-Martin

* Les RDEE ont pour objectif le développement les initiatives économiques et touristiques des francophones dans toutes les provinces canadiennes hors Québec.

A lire sur la province de Terre-Neuve et Labrador : http://ow.ly/rBlTC

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