A l’occasion du 350 ème anniversaire de l’arrivée   des premières « Filles du Roy« ‘ en Nouvelle France, la Société d’Histoire de Charlesbourg propose une intéressante rétrospective de la vie de ces jeunes femmes venues peupler la colonie française au 17ème siècle. 

Venant des cinq institutions qui composaient l’Hôpital des Pauvres de Paris, ces jeunes personnes qui n’avaient pour tout viatique que  pauvreté et bonne moralité partaient nanties d’une dot de 50 livres accordée sur la cassette personnelle du souverain, ce qui n’était pas rien, et d’un « coffret d’espérance » contenant de quoi se donner bonne apparence et se mettre au travail dès leur arrivée. Leur mission : peupler la colonie.

Après un voyage qui pouvait durer jusqu’à trois mois en fonction des conditions de traversée, elles étaient supposées se marier dans les délais les plus brefs.  Et de se mettre au travail, plaisir ou pas !  Leur seul avantage étant qu’avec une proportion d’un homme pour sept femmes, elles avaient grandement le choix : les prétendants se bousculaient, pressés par la nécessité personnelle autant que par la loi qui les obligeaient à prendre femme dans les quinze jours sous peine de perdre droits de chasse, de pêche et de traite avec les populations amérindiennes.

C’est ainsi que le premier contingent de 36 jeunes filles parties de La Rochelle en 1663, fut suivi de dix autres en dix ans, portant le nombre de ces mères-courage à près de 700. 

L’exposition  se tient  à Québec depuis le 23 juin jusqu’au 18 août à la Maison Ephraïm Bédard, chemin Samuel à Charlesbourg. Elle présente sous forme de panneaux d’interprétation, les conditions d’arrivée des Filles du Roy et le quotidien de la colonie : habitat, alimentation, mobilier, vêtements. Elle  souligne le rôle particulier joué par ces jeunes femmes qui mirent au monde en moyenne une dizaine d’enfants, notamment en matière de valorisation du français parlé en Île de France d’où elles étaient originaires. Ce français devint la langue commune parlée en Nouvelle-France dont les accents s’entendent encore de nos jours au Québec.

Mots-clés

 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Commenter